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Hantavirus : comment les rongeurs peuvent transmettre ce virus à l’homme ?

Après plusieurs cas signalés récemment sur un bateau de croisière, les hantavirus font de nouveau parler d’eux. Ces virus, naturellement hébergés par certains rongeurs sauvages, peuvent dans certains cas être transmis à l’homme.

Même si les infections restent relativement rares en Europe, elles rappellent que les rats, souris ou campagnols peuvent jouer un rôle dans la transmission de certaines zoonoses, c’est-à-dire des maladies transmissibles de l’animal à l’être humain.

Contrairement à certaines idées reçues, les hantavirus ne se transmettent pas facilement entre humains. La contamination survient le plus souvent après un contact avec des environnements souillés par l’urine ou les déjections de rongeurs infectés.

L’objectif n’est donc pas de céder à la panique, mais de mieux comprendre comment ces virus circulent et pourquoi il est important de limiter les infestations de rongeurs nuisibles.

Les hantavirus, c’est quoi exactement ?

Les hantavirus appartiennent à une famille de virus présents dans différentes régions du monde. Ils circulent naturellement chez certains rongeurs sauvages qui servent de « réservoirs » au virus. Cela signifie que ces animaux peuvent porter le virus pendant longtemps sans tomber malades eux-mêmes.

Chez l’homme, les conséquences peuvent être très différentes selon le type d’hantavirus concerné et la région du monde.

En Europe et en Asie, les infections provoquent principalement des atteintes rénales appelées « fièvres hémorragiques avec syndrome rénal » (FHSR). Le virus Puumala, porté notamment par le campagnol roussâtre, est le plus fréquent en Europe.

Dans les Amériques, certains hantavirus peuvent entraîner des formes pulmonaires plus sévères appelées « syndrome pulmonaire à hantavirus » (HPS) ou « syndrome cardiopulmonaire à hantavirus » (HCPS).

Le virus des Andes, présent en Amérique du Sud, fait l’objet d’une surveillance particulière car il est l’un des rares hantavirus capables de se transmettre entre humains dans certaines situations très spécifiques : contacts étroits et prolongés, exposition aux fluides corporels ou vie commune dans un espace restreint. C’est d’ailleurs cet hantavirus qui a récemment été évoqué dans l’actualité après plusieurs cas signalés sur un bateau de croisière.

En revanche, les hantavirus européens ne présentent pas ce mode de transmission interhumaine.

Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), 1 885 cas ont été recensés en Europe en 2023, un niveau relativement faible à l’échelle du continent.

 

Pour en savoir plus :

https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/hantavirus

https://www.pasteur.fr/fr/sante-publique/CNR/les-cnr/hantavirus/la-maladie-recommandations

https://www.ecdc.europa.eu/en/infectious-disease-topics/hantavirus-infection/factsheet-orthohantavirus-infections

 

Comment les rongeurs transmettent-ils les hantavirus ?

Les rongeurs contaminés éliminent le virus dans leur urine, leurs excréments et leur salive. L’être humain peut alors être exposé lors du nettoyage ou de la manipulation de zones contaminées.

Lorsque les urines ou les déjections de rongeurs sèchent, de fines poussières invisibles peuvent être remises en suspension dans l’air lors d’un nettoyage. Ces particules peuvent ensuite être inhalées.

Le risque apparaît surtout dans les endroits fermés ou peu ventilés : caves, greniers, remises, cabanes, garages, bâtiments agricoles, locaux restés longtemps inoccupés.

Le danger vient principalement des particules contaminées qui peuvent être remises en suspension dans l’air lorsque l’on balaie ou nettoie à sec des déjections de rongeurs.

Les morsures de rongeurs peuvent également représenter un risque, mais ce mode de transmission reste beaucoup plus rare.

 

Contrairement à certaines idées reçues :

-les moustiques et les tiques ne transmettent pas les hantavirus,

-les animaux domestiques ne sont pas considérés comme des vecteurs majeurs,

-et la transmission entre humains reste exceptionnelle et limitée à certains hantavirus sud-américains.

A noter que les hantavirus ne se transmettent pas de la même manière que la leptospirose, une autre maladie fréquemment associée aux rats.

Dans le cas des hantavirus, la contamination survient principalement par inhalation de poussières contaminées dans des locaux fermés ou souillés par des rongeurs.

La leptospirose, elle, est une maladie bactérienne qui peut être contractée par contact avec de l’eau ou des sols contaminés par l’urine d’animaux infectés, notamment lors de baignades, d’activités nautiques ou de travaux en milieu humide.

Cette transmission liée aux excréments et à l’urine rappelle l’importance de limiter la présence de rongeurs nuisibles dans les habitations, locaux techniques ou bâtiments agricoles.

Quels sont les symptômes des hantavirus chez l’homme ?

Les premiers symptômes des hantavirus ressemblent souvent à ceux d’une infection virale classique, ce qui peut rendre le diagnostic difficile dans les premiers jours.

Après une période d’incubation pouvant aller de quelques jours à plusieurs semaines, les personnes infectées peuvent présenter de la fièvre, des maux de tête, une forte fatigue, des douleurs musculaires, des nausées ou des douleurs abdominales.

Dans certains cas, la maladie peut ensuite évoluer vers des formes plus sérieuses avec des difficultés respiratoires, une atteinte des reins, une baisse de la tension artérielle ou plus rarement des troubles hémorragiques.

Les formes sévères restent peu fréquentes en Europe, mais elles nécessitent une prise en charge médicale rapide.

L’un des défis des hantavirus est que leurs symptômes peuvent être confondus avec de nombreuses autres maladies comme la grippe, une infection respiratoire une gastro-entérite…

Le contexte d’exposition joue donc un rôle important dans le diagnostic. Les médecins peuvent notamment rechercher un contact récent avec des rongeurs, le nettoyage d’un local fermé, la présence de déjections de rats ou de souris ou certaines activités professionnelles en milieu agricole ou forestier.

Des analyses biologiques spécifiques permettent ensuite de confirmer l’infection.

Pourquoi parle-t-on davantage des hantavirus aujourd’hui ?

Les hantavirus ne sont pas des virus nouveaux. Les scientifiques les étudient depuis plusieurs décennies et des cas humains sont régulièrement surveillés dans différentes régions du monde.

Si ces infections font davantage parler d’elles aujourd’hui, c’est notamment parce que les zoonoses, c’est-à-dire les maladies transmissibles de l’animal à l’homme, font désormais l’objet d’une attention accrue après la pandémie de COVID-19.

Le récent épisode médiatisé autour de cas suspectés sur un bateau de croisière a également contribué à remettre les hantavirus sous les projecteurs. Pourtant, les spécialistes rappellent que ces infections restent relativement rares et que leur mode de transmission est très différent de celui des grandes épidémies respiratoires connues du grand public.

Les hantavirus circulent naturellement chez certains rongeurs sauvages. L’évolution des populations de rongeurs peut donc influencer le risque d’exposition humaine.

Plusieurs facteurs peuvent favoriser les contacts entre l’homme et ces animaux comme l’urbanisation, certaines activités agricoles ou forestières, les modifications des écosystèmes ou encore les changements climatiques qui influencent parfois la disponibilité de nourriture pour les rongeurs et leur prolifération.

Les périodes de forte densité de rongeurs peuvent ainsi augmenter le risque de contamination dans certaines zones.

Les autorités sanitaires européennes et internationales suivent de près les cas de hantavirus afin de mieux comprendre leur évolution et d’identifier rapidement d’éventuels foyers de contamination.

En France, cette surveillance est assurée notamment par Santé publique France, l’Institut Pasteur et le Centre National de Référence des hantavirus.

Cette vigilance permet d’améliorer le diagnostic des infections, de mieux informer les populations exposées et de rappeler les bonnes pratiques de prévention face aux rongeurs nuisibles et à leurs déjections.

 

Pour en savoir plus :

https://www.santepubliquefrance.fr/hantavirus/la-maladie

 

Comment limiter les risques face aux hantavirus ?

Même si les infections à hantavirus restent rares, quelques gestes simples permettent de réduire fortement les risques de contamination notamment dans les endroits fréquentés par des rongeurs sauvages.

La prévention repose avant tout sur une idée essentielle : éviter le contact avec les urines, les déjections et les nids de rongeurs.

-Être vigilant dans les locaux fermés ou peu fréquentés

Le risque de contamination est plus important dans les espaces restés longtemps fermés ou insuffisamment ventilés : caves, greniers, remises, garages, chalets, cabanes de jardin, bâtiments agricoles.

Avant de nettoyer ce type de lieu, il est recommandé : d’aérer la pièce pendant au moins 30 minutes, d’humidifier les surfaces souillées avant nettoyage, de porter des gants, et idéalement un masque filtrant type FFP2.

Les autorités sanitaires déconseillent fortement de balayer ou d’aspirer à sec des déjections de rongeurs, car cela peut remettre en suspension des particules contaminées dans l’air.

-Limiter la présence des rongeurs nuisibles

Réduire les infestations de rongeurs reste l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir les zoonoses comme les hantavirus ou la leptospirose.

Quelques bonnes pratiques permettent de limiter leur présence : stocker les aliments dans des contenants hermétiques, éviter l’accumulation de déchets, reboucher les ouvertures permettant leur intrusion, limiter les abris potentiels autour des bâtiments et surveiller rapidement les signes de présence de rongeurs.

Les traces d’urine, les crottes, les matériaux rongés ou les bruits dans les cloisons doivent être pris au sérieux, notamment dans les locaux techniques, agricoles ou de stockage.

-Une vigilance utile bien au-delà des hantavirus

Les hantavirus rappellent plus largement l’importance des mesures d’hygiène face aux rongeurs nuisibles. Même si cette maladie reste rare en Europe, les rats et souris peuvent être impliqués dans la transmission d’autres agents pathogènes plus fréquents, comme la leptospirose.

L’objectif n’est donc pas de diaboliser les rongeurs, mais de rappeler que certaines espèces sauvages peuvent représenter un risque sanitaire lorsqu’elles prolifèrent à proximité des habitations ou des activités humaines.

Une vigilance raisonnée, associée à des mesures simples de prévention et de contrôle des infestations, reste aujourd’hui la meilleure protection.

Même si les hantavirus restent rares en Europe, ils rappellent que certains rongeurs sauvages peuvent transmettre des maladies à l’homme via leurs urines ou leurs déjections.

Le principal risque concerne surtout les environnements fermés ou contaminés par des rongeurs. Adopter de bonnes pratiques d’hygiène et limiter les infestations permettent donc de réduire fortement les risques de contamination.

Au-delà des hantavirus, cette vigilance reste importante face à d’autres zoonoses plus fréquentes en Europe, comme la leptospirose.

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